La musique folklorique des peuples slaves et des nations de l’ex-URSS constitue un univers terminologique riche et parfois déroutant pour les néophytes. Entre noms d’instruments à la phonétique inhabituelle, genres musicaux aux frontières mouvantes et termes rituels aux significations multiples, il est facile de se perdre. Ce lexique de 50 termes essentiels — classé de A à Z — vous offre les définitions, étymologies et exemples d’écoute nécessaires pour naviguer dans cet espace culturel avec aisance. Que vous soyez mélomane, étudiant en ethnomusicologie ou praticien de chants du monde, ce glossaire constituera votre boussole.
Les termes couverts concernent principalement les traditions russes, ukrainiennes, géorgiennes, kazakhes, arméniennes et baltes — avec quelques incursions dans les Balkans slaves. Les entrées sont classées par ordre alphabétique de leur forme française ou translittérée la plus courante.
| Catégorie | Exemples de termes couverts |
|---|---|
| Instruments à cordes | Balalaïka, bandoura, dombra, kanklės |
| Instruments à vent | Jaleika, trembita, sopilka |
| Genres vocaux | Byline, chastouchki, sutartinės |
| Figures et pratiques | Ashough, akyn, kobzar, plačal’nitsa |
A
Aitys (kazakh : айтыс) Joute poétique improvisée kazakhe entre deux chanteurs-improvisateurs (akyns) accompagnés de dombra. Chaque akyn répond en vers improvisés aux provocations de l’adversaire, souvent sur des sujets d’actualité ou de philosophie. L’aitys est classé au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis 2015. Exemple d’écoute : les enregistrements d’archives du Festival national d’aitys de Almaty (disponibles en ligne).
Ashough (arménien/azerbaïdjanais : աշուղ / aşıq) Troubadour itinérant du Caucase du Sud (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie), à la fois poète, chanteur et musicien. L’ashough compose et interprète des poèmes lyriques accompagnés de saz (luth à long manche). La tradition des ashougs arméniens, documentée depuis le XVIe siècle, est étroitement liée à la poésie mystique et à la résistance culturelle face aux conquêtes ottomanes. Sayat-Nova (1712-1795) est le plus célèbre des ashougs arméniens.
B
Balalaïka (russe : балалайка) Instrument emblématique de la musique russe — luth triangulaire à trois cordes accordé en mi-mi-la (pour la balalaïka prime, la plus courante). La caisse triangulaire est unique dans la lutherie mondiale et confère à l’instrument un timbre brillant, percussif et légèrement nasillard. La famille comprend six tailles : piccolo, prime (soliste), seconde, alto, basse et contrebasse. Voir notre pilier sur les instruments pour l’histoire complète et la technique de jeu. Exemple d’écoute : Terem Quartet, “Russian Folk”.
Bandoura (ukrainien : бандура) Grand luth polyphonique ukrainien à 31-68 cordes (selon la période), instrument national de l’Ukraine. Combinant les cordes longues d’un luth (bas-cordes ou bassi) et des cordes courtes de cithare (pristrounky) pour les ornements, la bandoura permet de jouer simultanément mélodie, basse et harmonie. Les kobzari (aveugles itinérants accompagnés de bandoura) ont transmis pendant des siècles les épopées ukrainiennes (dumy). Exemple d’écoute : Maria Sokolova, “Dumy : Ukrainian Epics”.
Bayan (russe : баян) Accordéon chromatique à soufflet de haute qualité, développé en Russie au début du XXe siècle (nom d’après le légendaire barde slave Boyan). Le bayan dispose d’un système basse-main gauche à tiroirs permettant d’accéder à n’importe quelle gamme sans changer de position. Instrument de concert sérieux (Friedrich Lips en est le virtuose le plus réputé), il est aussi l’instrument populaire des fêtes et bals russes. À distinguer de la garmoshka (accordéon diatonique folklorique, plus simple).
Byline (russe : былина, pluriel : былины) Épopée chantée de la tradition orale russe, narrant les exploits de héros légendaires (bogatyri) — Ilya Mouromets, Dobrynia Nikititch, Aliocha Popovitch. Chantées en mode dorien avec une mélodie étroite et répétée, elles constituent l’équivalent russe des chansons de geste. La tradition des byliny a été collectée notamment par Pavel Kireïevski et Alexandre Gilferding au XIXe siècle dans les régions d’Olonets et d’Arkhangelsk. Voir notre article sur les bylines épiques.
Buzuki (grec/balkanique : μπουζούκι) Luth à long manche d’origine ottomane, présent dans les musiques balkaniques et grecques. En contexte slave, on le rencontre dans les musiques de café macédoniennes et serbes, ainsi que dans les traditions roms des Balkans. Le buzuki grec (tétracorde) diffère légèrement du buzuki balkanique (tricorde). Son rôle dans les musiques de danse des Balkans slaves est central.
C
Chastouchki (russe : частушки) Distiques satiriques ou humoristiques chantés sur des mélodies brèves et répétitives. Véritable forme de comédie musicale populaire, les chastouchki commentent l’actualité, la vie de village, les relations amoureuses ou la politique. Ils sont improvisés ou semi-improvisés, généralement accompagnés à la garmoshka ou au bayan. Les concours de chastouchki constituent un genre de spectacle très populaire lors des festivals folkloriques russes.
Cobza / Kobza (roumain/ukrainien : cobză / кобза) Luth à court manche d’origine ottomane, à 8-12 cordes doubles, joué dans les musiques roumaines, ukrainiennes et moldaves. En Ukraine, la kobza est historiquement liée aux kobzari (bardes aveugles itinérants) qui accompagnaient les épopées nationales (dumy) avant l’avènement de la bandoura. La kobza contemporaine ukrainienne est souvent confondue avec la bandoura, dont elle est l’ancêtre direct.
D
Daïnas (letton : dainas) Chants poétiques folkloriques lettons, transmis oralement depuis des millénaires. Leurs textes — extrêmement brefs (quatre vers) — expriment la vie quotidienne, les saisons, les rituels agricoles et les émotions humaines. Plus de 1,2 million de textes ont été collectés, constituant la plus grande collection de chants folkloriques par habitant au monde. Classées patrimoine oral UNESCO en 2003. Voir notre dossier sur les musiques des pays baltes.
Dombra (kazakh : домбыра) Luth à deux cordes pincées de la steppe kazakhe, l’instrument national du Kazakhstan. La dombra est le support principal des formes musicales narratives kazakhes (küys). Sa caisse ovale en bois sculpté et sa tête de manche incurvée sont reconnaissables entre mille. Les deux cordes sont accordées en quinte ou en quarte, selon les régions et les küys joués. Exemple d’écoute : Nauryz, “Music of the Steppe”.
Domra (russe : домра) Luth à caisse ronde à trois cordes, d’origine mongole-tatare, ancêtre probable de la balalaïka russe. Tombée en désuétude au XVIIe siècle, la domra a été reconstituée par Vasily Andreyev en 1896 à partir de représentations iconographiques. Accordée en mi-la-ré, elle joue le rôle mélodique aigu dans les orchestres folkloriques russes. À distinguer de la dombra kazakhe (orthographe proche mais instrument différent).
Doudouk (arménien : դուդուկ) Hautbois à anche double en bois d’abricotier, instrument national de l’Arménie, classé patrimoine immatériel UNESCO en 2005. Son timbre chaleureux, légèrement voilé, est immédiatement reconnaissable et a été utilisé dans de nombreuses bandes originales internationales. Il se joue à deux : le premier joue la mélodie, le second tient un bourdon continu (dum). Djivan Gasparyan en est le maître le plus célèbre. Voir aussi notre pilier sur les musiques d’Arménie.
Dumka (ukrainien/russe : думка / думка) Genre musical vocal-instrumental ukrainien (puis russe) caractérisé par une alternance entre passages lents et mélancoliques et passages vifs et énergiques. Les dumky (pluriel) étaient à l’origine des complaintes lyriques, avant de désigner un genre instrumental développé par des compositeurs comme Tchaïkovsky (Trio “à la mémoire d’un grand artiste”, op. 50, 1882) et Dvořák (Dumky Piano Trio, op. 90).

Duda (russe/biélorusse : дуда) Cornemuse folklorique slave, présente dans les traditions russes du Nord, biélorusses et polonaises. La duda russe (également nommée volynka) est une cornemuse à soufflet à bouche avec un tuyau mélodique (chanter) et un ou deux bourdons. Instrument des fêtes et des khorovods, elle a progressivement disparu de la pratique courante au XIXe siècle avant une renaissance dans les années 1980 grâce au mouvement folklorique russe.
G
Garmoshka (russe : гармошка) Accordéon diatonique folklorique russe, plus simple et plus petit que le bayan. La garmoshka (parfois “garmonia”) joue un rôle central dans les fêtes populaires russes, les chastouchki et les danses de village. Elle a remplacé la balalaïka et les instruments à vent dans de nombreuses régions au XIXe siècle, devenant l’instrument populaire par excellence. Sa sonorité nasillardes et joyeuse est immédiatement associée à l’imaginaire folklorique russe.
Gusli (russe : гусли) Cithare slave à cordes pincées, l’un des instruments les plus anciens de la musique russe — des traces remontent au Xe siècle. Les gusli psaltérion (à cordes trapézoïdales, 10-30 cordes) et les gusli à ailettes (moins répandus) étaient les instruments des skomorokhi et des bardes de cour médiévaux. Aujourd’hui, les gusli sont utilisés dans les orchestres folkloriques et dans le mouvement de renaissance des traditions russes. Exemple d’écoute : Ensemble Sirin, “In the Beginning Was the Word”.
K
Khorovod (russe : хоровод) Danse-chantée en ronde, l’une des formes musicales slaves les plus anciennes, pratiquée lors des fêtes saisonnières (Maslenitsa, Ivan Kupala, Troïtsa). Le cercle symbolise le soleil et le cycle des saisons. Les participants chantent en marchant en cercle, exécutant des figures symboliques (serpent, pont, portail). Le répertoire des khorovods est un des plus vastes du folklore russe — il constitue le socle de l’apprentissage du chant folklorique en conservatoire.
Kobyz (kazakh : қобыз) Vièle chamanique kazakhe à deux cordes de crin, jouée avec un archet en crin. Instrument sacré des chamanes (baksys) kazakhs, le kobyz était censé éloigner les esprits malins et faciliter les voyages entre les mondes. Sa sonorité grave, gutturale et vibrante est unique. Le kobyz contemporain (recourbé, avec table d’harmonie en peau) est l’instrument de concert standard, différent du kobyz primitif à caisse de bois.
Koliady (russe/ukrainien : колядки) Chants de Noël et du Nouvel An slaves, chantés lors des processions de kolyadovaniye (quête rituelle de maison en maison la nuit du 6 au 7 janvier, Noël orthodoxe). Les kolyadki (singulier : koliada) combinent éléments préchrétiens (invocations aux esprits de la nature) et thèmes chrétiens. En Ukraine, ils sont vivants et très pratiqués ; en Russie, leur pratique a décliné mais connaît une renaissance. Voir notre article sur les koliady slaves.
Küy (kazakh : күй) Forme instrumentale narrative kazakhe jouée sur dombra ou kobyz. Chaque küy raconte une histoire sans texte chanté — bataille, voyage, sentiment ou légende. La tradition remonte au XVIe siècle ; les compositeurs classiques du genre (Kurmangazy, Tattimbet) sont vénérés au Kazakhstan comme des héros culturels. Le küy “Sary Arka” (La Steppe d’Or) de Kurmangazy est l’œuvre instrumentale kazakhe la plus connue.
L
Lira (ukrainien : ліра) Vielle à roue ukrainienne, jouée par les lirniki (musiciens itinérants mendiants du XIXe siècle). L’instrument, à roue frottant les cordes et à clavier de touches, produit un son de drone continu mêlé à la mélodie. Les lirniki accompagnaient les chants épiques, les psaumes populaires et les lamentations. La lira connaît une renaissance dans le mouvement de musiques traditionnelles ukrainiennes contemporain.
Pour une perspective complémentaire, voir le patrimoine des traditions folkloriques russes et slaves qui documente les coutumes et rites associés à ces genres musicaux.
M
Maslenitsa (russe : Масленица) Fête slave du carnaval précédant le Grand Carême orthodoxe, correspondant aux Mardi Gras occidentaux. La Maslenitsa (du mot maslo, beurre) dure une semaine — on brûle une effigie de l’hiver, on mange des blinis et on chante des chants saisonniers spécifiques (maslennichnye pesni). Ces chants, en modes pentatoniques larges et joyeux, contrastent avec les chants lents et mélancoliques du Carême qui suivent.
Monodie (musicologie) Chant à une seule ligne mélodique, sans accompagnement harmonique. La monodie (ou monophonie) est la forme la plus ancienne du chant, antérieure à la polyphonie. Dans les traditions slaves, elle caractérise les chants liturgiques orthodoxes primitifs (chant znamenny) et certains chants rituels ruraux conservés en Russie du Nord. À distinguer de l’hétérophonie (où plusieurs voix chantent la même mélodie avec variations légères).
Mugam (azerbaïdjanais : muğam) Système modal de la musique savante azerbaïdjanaise (et perse), à la frontière entre composition et improvisation. Le mugam est une forme en plusieurs parties (dastgah) incluant des sections vocales ornementées très libres et des interludes instrumentaux. Inscrit au patrimoine immatériel UNESCO en 2003, le mugam azerbaïdjanais est lié culturellement aux traditions musicales de l’Iran et de la Turquie.
P
Pandouri (géorgien : პანდური) Luth à trois cordes de Géorgie orientale (Kakhétie), à caisse étroite en bois. Le pandouri est l’un des instruments les plus anciens de la musique géorgienne, joué dans les chants de table (застольные песни) et les formes semi-savantes de Kakhétie. À distinguer du chonguri (Géorgie occidentale), plus court et joué en accord différent.
Plach / Pleuraison (russe : плач ; ukrainien : плач) Lamentation funéraire chantée, genre vocal rituel présent dans toutes les traditions slaves. Les plachy (pluriel) sont improvisées par des femmes spécialisées (plakalnitsiy) lors des funérailles, exprimant la douleur du deuil en formules mélodiques semi-fixes. Leur style vocal est caractérisé par des sanglots contrôlés, des glissandos descendants et des répétitions de formules textuelles. Ce genre constitue l’une des pratiques vocales slaves les plus archaïques encore documentées.
Polyphonie (musicologie) Texture musicale à plusieurs voix indépendantes simultanées, chacune ayant sa propre ligne mélodique. La polyphonie slave s’oppose à l’homophonie (accords parallèles) et à l’hétérophonie (variations d’une même ligne). La polyphonie géorgienne à trois voix (basse bourdon + mélodie centrale + voix ornementée aiguë) est l’exemple le plus abouti, mais les traditions biélorusses du Nord et les polyphonies de Pskov (Russie) sont également remarquables.
R
Regilaul (estonien : regilaul) Chant runique estonien, l’une des formes vocales les plus archaïques de la tradition finno-ougrienne. Fondé sur des vers allitératifs courts (huit syllabes) en mode pentatonique étroit, il était chanté par des femmes lors des rituels saisonniers. La chanteuse contemporaine Mari Kalkun en est la praticienne la plus connue. Voir notre dossier pays baltes.

Romance russe (russe : романс) Genre vocal sentimental russe, à mi-chemin entre la mélodie de salon française du XIXe siècle et la chanson populaire. Accompagné à la guitare à sept cordes ou au piano, interprété en solo avec une expressivité proche du bel canto, le roman (romance) traite de l’amour, de la séparation et de la nostalgie. Glinka, Varlamov, Gurilev ont codifié le genre ; Nadezhda Obukhova, Piotr Leschtchenko et Pyotr Leschenko en sont les interprètes légendaires.
S
Skomorokhi (russe : скоморохи) Jongleurs, acrobates et musiciens itinérants de la Russie médiévale (XIe-XVIIe siècle), équivalents des ménestrels ou jongleurs occidentaux. Les skomorokhi jouaient de la gusli, du dudki (flûte), de la volynka (cornemuse) et chantaient des chants satiriques, des bylines et des contes musicaux. Persécutés par l’Église orthodoxe et par le pouvoir tsarien (interdit sous le tsar Alexis en 1648), ils ont transmis une grande partie du répertoire folklorique russe aux paysans avant leur disparition.
Sopilka (ukrainien : сопілка) Flûte traversière (ou à bec) ukrainienne en bois ou en roseau, à six trous, équivalent ukrainien de la flûte folklorique. Instrument de berger par excellence, la sopilka joue un rôle central dans les ensembles de musique de danse ukrainienne et dans les orchestres folkloriques. Elle se distingue de la flûte traversière classique par son doigté et ses modes d’ornementation spécifiques.
Sutartinės (lituanien : sutartinės) Polyphonies hétérophoniques à deux voix ou plus de Lituanie, inscrites au patrimoine immatériel UNESCO en 2010. Uniques en Europe par leur utilisation délibérée de dissonances (secondes, septièmes) entre les voix décalées, elles sont pratiquées traditionnellement en Aukštaitija (nord-est de la Lituanie). Voir notre dossier sur les Sutartinės.
T
Tar (persan/azerbaïdjanais : تار / tar) Luth à long manche à caisse de forme particulière (en double bol), à six cordes doubles, présent en Azerbaïdjan, Géorgie (notamment en Géorgie orientale), Iran et Arménie. Le tar est le principal instrument de la musique mugham azerbaïdjanaise. Sa table d’harmonie en membrane de cœur de bœuf lui confère une sonorité unique, à la fois nasillarde et chaleureuse. Le jeu de tar est classé UNESCO.
Trembita (ukrainien : трембіта) Grande corne alpestre ukrainienne en bois de sapin, pouvant atteindre 3 à 4 mètres de longueur. Instrument emblématique des Hutsuls (Carpates ukrainiennes), la trembita est jouée pour annoncer des événements importants (décès, mariage, tempête), ses sons portant sur des distances de plusieurs kilomètres en montagne. Sa technique de jeu (lèvres très tendues, souffle soutenu) demande des années de pratique.
Tsymbaly (ukrainien : цимбали) Cymbalum ukrainien — instrument à cordes frappées (marteaux), variante de la famille des timbales à cordes répandue dans toute l’Europe centrale et orientale (cimbalum hongrois, cembalo). Les tsymbaly jouent un rôle central dans les ensembles de musique de fête ukrainienne et dans les formations klezmer d’Ukraine occidentale. Leur sonorité brillante et métallique est immédiatement identifiable.
V
Vesnianky (ukrainien : веснянки) Chants de printemps ukrainiens, chantés par des femmes et des jeunes filles lors des fêtes de bienvenue à la belle saison (mars-avril). Les vesnianky (du mot vesna, printemps) sont des chants en modes pentatoniques larges, souvent associés à des jeux rituels et à des danses en ronde (khorovod). Ils appartiennent au cycle des chants calendaires ukrainiens, avec les koliady (hiver) et les kupalnye pesni (solstice d’été).
Z
Zurna (turc/arabe/persan : zurna / زورنا) Hautbois populaire à anche double, présent du Caucase à l’Asie centrale et jusqu’aux Balkans. La zurna (également nommée surnay en Iran, nafiri au Maghreb) est jouée en plein air avec un bourdon continu (technique de la respiration circulaire), souvent accompagnée du dhol (grand tambour double). En Arménie et en Géorgie, le couple zurna-dhol accompagne les fêtes de mariage et les danses traditionnelles.
Termes complémentaires — De l’ornementation à la forme
Dum / Bourdon : note tenue continue, fondement de la polyphonie géorgienne (bani) et balkanique. Gulag songs : chants clandestins composés et transmis oralement dans les camps soviétiques (1920-1953), devenus un genre reconnu de la chanson de résistance russe. Kannel / Kokles / Kanklės : cithares nationales estonienne, lettonne et lituanienne — cousines du kantele finnois. Krimanchuli : voix ornementée aiguë de la polyphonie géorgienne (voix du dessus). Laûment : terme générique pour les lamentations funéraires dans les traditions francophones d’ethnomusicologie. Mtkmeli : voix mélodique centrale de la polyphonie géorgienne (le “porteur de mélodie”). Pentatonisme : gamme à cinq sons (sans demi-tons dans sa forme anhémitone), base de nombreux chants slaves archaïques.
Ce glossaire illustre la richesse des échanges culturels entre traditions musicales de l’espace euro-asiatique. À l’image des traditions alsaciennes qui reflètent des siècles de brassages entre cultures d’Europe centrale et occidentale, les musiques slaves témoignent de convergences et de singularités que le site alsace-saveurs.net — dédié aux traditions gastronomiques et culturelles alsaciennes — explore sous un autre angle, celui du patrimoine culinaire et des héritages culturels des peuples d’Europe. Pour approfondir la terminologie académique, la ressource de référence est le dictionnaire Grove Music Online, accessible via les abonnements universitaires français.